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Divona : la divinité gauloise des sources et des eaux sacrées

Une divinité née des eaux

Bien avant l’arrivée du christianisme, les populations de la Gaule accordaient une importance religieuse particulière à certaines sources, fontaines et résurgences.

Ces lieux où l’eau semblait surgir mystérieusement de la terre pouvaient être considérés comme sacrés.

Parmi les divinités associées à ces eaux figure Divona, dont le nom nous est parvenu grâce aux témoignages de l’Antiquité.

Son nom est généralement interprété comme signifiant « la Divine », et il semble avoir été étroitement associé à la sacralité de certaines sources.

Mais contrairement aux grandes divinités des mythologies grecque ou romaine, Divona nous est surtout connue par les noms de lieux, les témoignages antiques et les recherches sur les cultes des eaux.

Nous ne possédons pas de récit mythologique complet décrivant ses aventures ou ses pouvoirs.

Divona dans les sources antiques

L’un des témoignages les plus importants concernant Divona provient du poète gallo-romain Ausone, qui vécut au IVe siècle de notre ère.

Dans son œuvre consacrée aux villes célèbres, il évoque une source sacrée de Bordeaux.

Il utilise notamment cette formule :

« Divona, Celtarum lingua, fons addite divis. »

Que l’on peut comprendre approximativement ainsi :

« Divona, nommée ainsi dans la langue des Celtes, source admise parmi les divinités. »

Ce passage est particulièrement précieux, car il établit explicitement un rapport entre le nom Divona, la langue celtique et le caractère sacré d’une source.

Il nous rappelle également que, dans certaines conceptions religieuses antiques, la source elle-même pouvait être considérée comme une puissance divine.

Cahors : une ville portant le nom de Divona

Le nom de Divona se retrouve dans celui de l’antique ville de Divona Cadurcorum, aujourd’hui Cahors, dans le département du Lot.

Cette cité était située sur le territoire des Cadurques, un peuple de la Gaule.

Une source importante, associée au nom de Divona, se trouve à proximité de l’actuel pont Valentré.

L’existence de ce nom antique montre combien les sources et les eaux pouvaient occuper une place importante dans l’identité religieuse et géographique d’un territoire.

Les sources sacrées en Gaule

Divona n’était pas la seule figure divine associée à l’eau.

Dans plusieurs régions de la Gaule, les recherches archéologiques ont révélé l’existence de sanctuaires établis près de sources ou de résurgences.

On y retrouve parfois des monnaies, des objets métalliques, des figurines et des ex-voto.

Ces objets pouvaient être déposés en offrande à une puissance divine, pour accompagner une demande ou exprimer une reconnaissance.

Certains sanctuaires étaient notamment associés à la guérison.

Il faut cependant éviter de considérer que toutes les sources sacrées étaient nécessairement consacrées à Divona.

Les divinités honorées pouvaient varier selon les peuples, les lieux et les époques.

La Douix de Châtillon-sur-Seine : un exemple archéologique remarquable

La source de la Douix, située à Châtillon-sur-Seine, en Côte-d’Or, constitue un témoignage particulièrement intéressant des pratiques religieuses anciennes liées à l’eau.

Cette résurgence jaillit au pied d’une falaise calcaire.

Les recherches archéologiques ont permis d’identifier de nombreuses offrandes, dont plusieurs centaines de fibules, témoignant d’une fréquentation rituelle remontant au premier âge du Fer.

Des objets et des ex-voto gallo-romains témoignent également de la continuité de pratiques religieuses au cours de l’Antiquité.

Le nom de Divona a été rapproché de cette source dans diverses présentations des cultes celtiques.

Cependant, les découvertes archéologiques prouvent avant tout l’existence d’un lieu de culte lié à l’eau. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir avec certitude le nom de la divinité honorée à chaque époque.

La Douix offre donc un exemple remarquable de la manière dont une résurgence naturelle a pu devenir un lieu sacré pendant de nombreux siècles.

Pourquoi les sources occupaient-elles une telle place ?

Les sources ont toujours représenté des ressources essentielles.

Elles fournissaient de l’eau nécessaire à la vie, aux animaux, à l’agriculture et à l’installation des communautés humaines.

Mais certaines possédaient aussi des caractéristiques impressionnantes.

Une eau surgissant au pied d’une falaise, un gouffre dont on ne distinguait pas le fond ou une résurgence dont le débit variait brutalement pouvaient susciter étonnement et respect.

Les dépôts archéologiques retrouvés dans certains de ces lieux montrent que plusieurs communautés anciennes leur attribuaient également une dimension religieuse.

L’eau pouvait ainsi être considérée à la fois comme une ressource, un élément naturel et une manifestation du sacré.

Divona et les paysages du Jura

Le Jura possède un environnement géologique particulièrement favorable à l’existence de sources spectaculaires.

Ses reliefs calcaires sont traversés par des réseaux souterrains où circulent les eaux infiltrées depuis la surface.

Celles-ci peuvent réapparaître sous forme de résurgences parfois impressionnantes.

La région possède également des sources salées, notamment autour de Salins-les-Bains, exploitées depuis des périodes anciennes.

Grottes, gouffres, reculées, résurgences et sources minérales ont ainsi profondément marqué l’histoire et les paysages jurassiens.

Ces particularités permettent de comprendre pourquoi les eaux naturelles ont pu nourrir de nombreuses croyances et traditions.

Le rapprochement entre Divona et les paysages du Jura est donc particulièrement intéressant, même s’il ne faut pas en déduire qu’un sanctuaire consacré à cette divinité existait nécessairement auprès de chaque source jurassienne.

Divona et les autres divinités des eaux

Les religions anciennes de la Gaule ne se limitaient pas à une seule divinité des sources.

On connaît notamment Sequana, associée aux sources de la Seine, dont le sanctuaire antique a livré de nombreuses offrandes et représentations.

D’autres puissances locales étaient également liées à des cours d’eau, à des sources ou à des lieux particuliers.

Ces exemples montrent la diversité des traditions religieuses anciennes.

Les croyances pouvaient être fortement attachées à un territoire, sans nécessairement former un système uniforme dans toute la Gaule.

Divona dans Les Contes du Vieux Compère

Dans l’univers des Contes du Vieux Compère, les anciennes puissances associées aux paysages, aux eaux et aux lieux sacrés occupent une place importante.

Divona y trouve naturellement sa place en raison de son association aux sources.

Ce choix s’appuie sur une réalité historique : l’existence de traditions religieuses anciennes liées aux eaux et l’attestation du nom de Divona dans les sources antiques.

Le jeu explore ensuite ce que pourrait signifier la présence de telles puissances dans un monde où les légendes ne sont pas nécessairement de simples histoires.

Il ne s’agit pas de présenter ces interprétations comme des faits archéologiquement démontrés, mais de faire découvrir les connaissances historiques et géographiques qui les inspirent.

Pour aller plus loin

Quelques pistes permettent d’approfondir le sujet :

  • Ausone, Ordo urbium nobilium, pour le témoignage antique concernant Divona.
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, pour l’étude du nom Divona et de son étymologie.
  • Jean-Louis Coudrot, « La Douix de Châtillon-sur-Seine : état des recherches », pour les découvertes archéologiques liées à cette résurgence.
  • Katherine M. Erdman et Bruno Chaume, « Tracing 2000 Years at the Source of the Douix, Côte-d’Or, France: Water, Offerings, and Recurrence », publié en 2019.
  • Les travaux archéologiques consacrés au sanctuaire des sources de la Seine, pour comparer différents cultes antiques des eaux.

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