Une médecine aux capacités extraordinaires, mais soumise à des règles strictes
La médecine nuxten dispose de moyens technologiques qui paraîtraient presque magiques aux yeux d’un humain contemporain.
Les nanites, les interventions sur l’organisme et les possibilités de numérisation permettent aux médecins nuxten d’agir dans des situations qui dépasseraient largement les capacités de la médecine humaine.
Pourtant, cette puissance ne leur donne pas tous les droits.
L’exercice de la médecine est encadré par un serment contraignant, dont le respect est placé sous la surveillance de l’URBAS.
Pour comprendre ce serment, il faut garder à l’esprit une particularité fondamentale de la civilisation nuxten : la santé d’un individu ne concerne pas seulement cet individu, mais également sa meute et, dans certaines circonstances, la société tout entière.
Le serment envers l’URBAS et la société nuxten
Version établie à partir du serment médical nuxten.
Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle au maintien de la vie en bonne santé, même contre mes avis et opinions sur mon patient.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels, et de protéger l’intégrité des meutes.
Je respecterai toutes les personnes et appliquerai toute méthode que je jugerai possible pour les maintenir dans un état optimal de santé physique et mentale, sans les transformer. En aucun cas je ne les transformerai sans leur consentement éclairé, sauf si leur vie est elle-même en jeu.
J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité.
Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les objectifs de la société nuxten et la survie des espèces conscientes sur Terre et dans l’Univers.
J’informerai les patients des décisions envisagées si celles-ci doivent les modifier. Cette information ne sera pas nécessaire pour les soins visant uniquement à les maintenir dans un état de santé optimal, sauf en cas de modification et si leur vie n’est pas en jeu.
Je ne tromperai jamais leur confiance si je dois les modifier et leur expliquerai tout ce qu’ils devront savoir sur les objectifs et le résultat final de cette modification, sauf si celle-ci a pour but de préserver la vie intelligente.
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis dans l’intimité des personnes et des meutes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l’intérieur des maisons et des Orkan, je respecterai les secrets des foyers et des Orkan, et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément, sauf si la numérisation est réalisable et souhaitée par mon patient.
Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les espèces intelligentes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque.
Le consentement et ses limites
La médecine nuxten reconnaît le principe du consentement éclairé lorsqu’une intervention implique une transformation de l’organisme.
Un médecin ne peut donc pas modifier librement un patient simplement parce qu’il considère cette modification souhaitable.
Il existe cependant une exception fondamentale : lorsque la vie du patient est menacée, le médecin peut passer outre son refus, même si celui-ci est parfaitement conscient et capable d’exprimer sa volonté.
Cette règle peut sembler profondément contraire aux principes médicaux humains contemporains.
Elle découle pourtant de la conception nuxten de la responsabilité médicale : préserver la vie constitue une obligation qui peut primer sur la volonté individuelle.
Le médecin demeure responsable de ses décisions devant l’URBAS.
Préserver la vie, mais sous quelle forme ?
Une autre particularité de la médecine nuxten concerne la numérisation de l’individu.
Chez les Nuxten, la fin de l’existence biologique ne signifie pas nécessairement la fin de l’existence consciente.
Lorsqu’une numérisation est possible et demandée par le patient, un médecin peut accepter cette solution plutôt que de prolonger sa vie biologique.
Cependant, cette décision doit également tenir compte de la meute.
Une numérisation volontaire peut être acceptée si elle ne risque pas de provoquer la destruction de la meute.
Cette appréciation relève du médecin et de l’URBAS.
Ainsi, la médecine nuxten distingue la préservation de l’individu de celle de son organisme biologique, sans pour autant ignorer les conséquences sociales de son départ du monde des vivants.
Une responsabilité qui dépasse le patient
Le serment impose au médecin de protéger non seulement les individus, mais aussi l’intégrité des meutes et la survie des espèces conscientes.
Cette obligation peut conduire à des décisions qui paraîtraient difficilement acceptables à des humains.
Elle explique notamment pourquoi le médecin dispose d’une marge de décision importante lorsqu’une vie est menacée, mais aussi pourquoi son activité fait l’objet d’un contrôle particulièrement strict.
La médecine nuxten est donc indissociable de l’organisation sociale de cette civilisation.
L’URBAS et les sanctions médicales
Le serment médical nuxten n’est pas une simple déclaration de principes.
Il est contraignant.
Lorsqu’un manquement, ou même un possible manquement, est identifié, le praticien peut être appelé devant l’URBAS.
Les données relatives aux faits sont alors examinées afin de déterminer si le serment a été violé.
Les sanctions peuvent être particulièrement sévères.
Elles vont notamment de la radiation accompagnée d’une interdiction d’exercer jusqu’à la numérisation forcée pour les manquements majeurs.
Dans cette dernière situation, le praticien est contraint de quitter le monde des vivants pour rejoindre l’au-delà artificiel.
Cette peine repose sur une conception propre aux Nuxten : lorsqu’un individu a gravement manqué à certaines de ses responsabilités, ils peuvent considérer qu’il vaut mieux qu’il ne poursuive plus son existence parmi les vivants.
Une médecine puissante, mais pas systématiquement interventionniste
Les capacités médicales nuxten ne signifient pas que la moindre affection entraîne automatiquement une intervention technologique.
Les Nuxten cherchent notamment à préserver les capacités naturelles de défense de leur organisme.
Un système immunitaire fonctionnel reste indispensable si les nanites ou les autres dispositifs médicaux deviennent indisponibles.
Les interventions les plus avancées sont donc principalement réservées aux situations graves, invalidantes ou dépassant les capacités naturelles de l’organisme.
Un Nuxten peut ainsi bénéficier d’une médecine capable de prouesses extraordinaires tout en traversant une maladie respiratoire ordinaire sans intervention technologique majeure.
Cette approche illustre une particularité de leur philosophie médicale : la technologie doit soutenir l’organisme, sans le rendre inutilement dépendant d’elle.
Comprendre la morale médicale nuxten
Le serment médical révèle une civilisation dont les valeurs ne coïncident pas toujours avec celles des humains.
Les Nuxten accordent une importance fondamentale à la vie, à la solidarité entre les membres d’une meute et à la survie des espèces conscientes.
Mais cette conception peut également justifier des interventions imposées, des limitations à la volonté individuelle et des sanctions particulièrement radicales.
Pour comprendre leur médecine, il ne suffit donc pas de considérer ce qu’ils sont techniquement capables de faire.
Il faut également comprendre ce qu’ils s’autorisent à faire, ce qu’ils s’interdisent et les responsabilités qu’ils imposent à ceux qui exercent l’art médical.